|
|
|
Aus Mali berichtet Delphine Neyaga
Delphine Neyaga (Jahrgang 1979) ist seit Ende August 2008 Stagiaire bei der privaten Radiostation Kledu in Bamako, Mali. Seit September 2006 arbeitet sie als Journalistin bei der französichsprachigen Redaktion der Schweizerischen Depeschenagentur (SDA) im Bern. Delphine Neyaga hat an den Universitäten Lausanne und Genf Politikwissenschaften studiert.
Sie berichtet hier auf französisch. | 
|
28 août 2008
Première journée au sein de la rédaction de radio Kledu après y avoir fait un passage express la veille. Le rédacteur en chef Bakary Cissé, que tout-le-monde appelle ici Baksi, me montre de quelle manière il prépare puis présente les flashs. Dans l’après-midi, j’assiste à la séance de rédaction à laquelle participent une dizaine de journalistes. L’occasion de faire brièvement connaissance avec mes nouveaux collègues autour d’une boîte de chocolats suisses.

Mais pas le temps de discuter. L’équipe se met au travail et commence les montages pour l’édition de 17h00 alors que de mon côté, je pars en compagnie de Baksi à la recherche d’un logement. Depuis mon arrivée, le directeur général de la radio Jacques Dez et sa femme ont en effet la gentillesse de me « dépanner « en m’hébergeant chez eux.

Après avoir visité un logement à proximité de la radio et tenté de négocier son prix, je demande un petit délai de réflexion au propriétaire. La nuit porte conseille, non ?
|
|
30 août 2008
Je m’installe dans mon nouveau logement où je fais la connaissance de Bakary et de Sidi, deux jeunes qui font « tourner la maison ».
En soirée, Flaké m’emmène à un mon premier concert à Bamako : Mangala Camara. Une vraie star au Mali, me dit-on. Je ne rentre pas déçue. Sa voix est magnifique et les musiciens qui l’accompagnent, notamment les guitaristes, jouent terriblement bien. Flaké m’explique qu’à Bamako, il y a moyen d’assister à des concerts du jeudi au dimanche. Je note.
|
|
31 août 2008
Accompagnée d’Anna, une Autrichienne qui réside également dans l’auberge, et de Sidi, je me rends au marché central. Nous nous promenons entre les djembés, les stands de fruits, l’artisanat dogon et les vendeurs de chaussures sous une chaleur pesante et un brouhaha assourdissant. Nous rentrons exténués.

Une fois à la maison, nous dégustons un délicieux plat composé de riz, de légumes et de poisson. Il va certainement me falloir un peu de temps pour parvenir à manger avec les mains sans décorer le sol et mes vêtements.
 |
|
4 septembre 2008
Voilà maintenant une semaine que j’ai rejoint la rédaction de la radio et c’est l’heure de mon premier direct. Je dois brosser un portrait de John McCain dans le cadre du journal de 13h00. Lors des exercices effectués les jours précédents, ma voix manquait de tonus, selon Backsi. La boule au ventre, je m’attelle donc à avoir la pêche sans pour autant faire d’envolées lyriques…
Au sortir du studio, le rédacteur en chef me rassure : cette première fois s’est plutôt bien déroulée.
La pression redescend et je passe à table : un bon plat de riz et de poisson. Et oui, quelques rares collègues ne jeûnent pas et se font livrer des plats d’un restaurant sénégalais.
Journal de 17h00 et nouveau direct. Rien d’extraordinaire à vrai dire, je récite bien sagement le bulletin météo mais le stress du live me plaît et je me réjouis déjà de remettre ça.
La veille, je me suis rendue au bureau de la ddc à Bamako. Patrick Etienne, le directeur suppléant, m’a présenté l’équipe et les locaux. J’aimerais pouvoir faire un sujet sur un projet de la coopération suisse et me rendre sur le terrain. Je dois le recontacter à ce propos dans une quinzaine de jours et nous fixerons alors une date. |
|
Samedi 6 septembre
A 11h00, ou plutôt 11h30, conférence de presse de la directrice générale de la coopération française à l’étranger. A l’issue de la CP, Mme Gazeau-Secret se prête moyennement volontiers au jeu des questions-réponses avec les journalistes. Jacky, un collègue de la radio parvient à obtenir une interview avec un autre journaliste. Nous avons tout juste 5 minutes dans une pièce en compagnie de la directrice. L’autre journaliste pose 3 questions, Jacky une et c’est terminé.
Nous nous rendons ensuite à la radio pour faire le montage. Jacky me propose de m’en charger seule mais reste plus d’une heure à proximité pour répondre à mes questions.
Finalement, j’y passerai le plus clair de mon samedi après-midi. Je quitte la rédaction vers les 17h30, mes sons passeront dès lundi matin à l’antenne.
Dans la soirée, j’assiste à un autre concert d’une star de la musique malienne : Nahawa Doumbia. Le bonheur !
Une fois le concert terminé, Flaké m’emmène boire un verre. Nous retrouvons Justin et Vincent, deux jeunes qui tournent un documentaire sur une mine d’or au Mali et qui logent à l’auberge. La veille et dans la matinée, ils ont assisté au tournage de la star academy africaine qui fait un tabac ici : Case sanga.
Des candidats des pays d’Afrique de l’ouest et de France se disputent le titre de meilleur chanteur. Chaque semaine, les téléspectateurs éliminent l’un d’eux en envoyant des sms. De retour à la maison, nous allumons le poste et tombons sur la rediffusion de l’émission. Nous regardons quelques candidats chanter avant de voir Justin et Vincent, ultra sérieux, passer à l’écran. Gros fou rire. |
|
Dimanche 7 septembre 2008
Dimanche, jour de repos. Après une bonne grasse matinée, Justin va nous chercher des énormes pains au chocolat, un régal.
J’appends ensuite à Sidi à utiliser internet. Nous lui créons une adresse email et décidons que chaque semaine, nous tâcherons d’aller ensemble dans un cybercafé afin qu’il en apprenne un peu plus. De son côté, il s’attelle à m’enseigner des bases de bambara, mais je sens qu’il va bientôt abandonner devant l’ampleur de la tâche !
Sur le chemin du retour, sous un soleil de plomb, je vois un petit groupe d’hommes collés les uns contre les autres devant un poste de télévision en pleine rue. Curieuse, je m’approche. Ils regardent les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations. Le Mali rencontre le Congo et après 16 minutes, il y a toujours zéro à zéro.

|
|
Mercredi 10 septembre 2008
De lundi à mercredi, je présente les flashs de l’après-midi et réalise différents papiers. J’y aborde des sujets aussi variés que la crise géorgienne ou la cinquième victoire consécutive de Roger Federer à l’US Open.
L’atmosphère au sein de la radio me plaît et je sens que je prends, petit à petit, mes marques. En sortant du travail, je rentre dans un taxi. Le chauffeur écoute « Radio Kledu », je m’entends et me dis qu’il y a encore du boulot ! |
|
Jeudi 11 au samedi 13 septembre 2008
Jeudi, je pars en compagnie de Justin et Vincent à Karan, une petite ville située à 80 km à l’ouest de Bamako pour leur documentaire sur la mine d’or.

L’occasion pour moi de faire mon premier reportage sur le terrain mais aussi de passer quelques jours au cœur d’un village malien sans eau courante et avec de l’électricité de 19h00 à 24h00.

Durant les trois jours que nous passons sur place, nous faisons quelques interviews dont celui du maire de la ville et visitons la mine. C’est impressionnant. Des dizaines de personnes, hommes, femmes, enfants creusent des trous pouvant aller jusqu’à 18 mètres, portent de l’eau et trient la terre par une chaleur étouffante.
Personne ne porte de casque et les équipements sont rudimentaires.
Si Vincent et Justin prennent leur courage à deux mains et descendent dans un trou, il est hors de question pour ma part que je tente le coup.
Je les attends donc bien sagement (mais pas très rassurée) sur la terre ferme.
Outre cette escapade, nos activités se limitent à palabrer avec les hommes sous un arbre, manger, boire du thé et jouer aux dés.
Pendant ce temps, les femmes s’affairent devant les fourneaux, font la lessive, pilent des céréales avant de se retrouver en soirée devant le traditionnel feuilleton brésilien.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces trois jours sont donc reposants mais aussi éreintants. Ereintants, car je peine à dormir à même le sol, sous un toît de tôle brûlant et dévorée par les moustiques.
Nous installons la tente de camping au milieu de la cour en espérant mieux dormir. Mais c’était sans compter sur le brouhaha hallucinant que font les femmes à 4h00 du matin lorsqu’elles cuisinent…et oui, c’est encore le ramadan. |

 |
Jeudi 18 septembre 2008
Je dois me rendre à une conférence de presse organisée par des anciens combattants en plein centre ville. Seul problème : aucune heure de rendez-vous ne figure sur l’invitation, encore moins un numéro de téléphone.
Un peu empruntée, je prends un taxi et arrive sur place à 8h45. On me regarde avec de gros yeux lorsque je parle d’une conférence de presse, personne n’a vraiment l’air d’être au courant. On m’installe dans un coin et on me dit d’attendre l’arrivée du colonel. Qu’à cela ne tienne, j’attends…Un autre journaliste vient s’asseoir à mes côtés, nous attendons…
9h30 : le colonel fait son entrée. Il nous explique qu’un ancien gradé français vient d’arriver à Bamako et qu’ils ont prévu de se rencontrer à 10h00. Et de nous prier de revenir à 11h00.Je lui demande s’il veut bien m’accorder une brève interview à l’issue de la conférence. Réponse : ça dépendra de mon agenda.
Mon ordinateur portable sur le dos, je pars me promener au marché central. Après une demie heure à me faufiler entre les scooters, les vendeurs ambulants, les mulets et les charrettes, je suis déjà ko. Je m’installe dans un cybercafé et tue le temps sur internet.
10h45 : je prends le chemin du retour. Une fois arrivée à la maison des anciens combattants, je vois une dizaine de journalistes assis qui regardent le plafond.Après 30 minutes, le colonel vient nous annoncer une mauvaise nouvelle : la conférence de presse n’aura finalement pas lieu.
La raison ? L’ORTM (la télévision nationale) ne s’est pas déplacé. Du coup, le militaire estime que ça ne vaut pas la peine de tenir une CP. Sympa pour les autres journalistes.On nous remercie d’être venu et nous touchons chacun un petit billet pour nos frais de déplacement.
Je n’arrive pas à me faire à l’idée que je suis venue pour rien. Je reviens à la charge et insiste pour obtenir une petite interview… le colonel hésite, marmonne quelque chose puis cède. Vers midi, je repars finalement avec un son pour le journal de 13h00.
J’avais beau m’être « préparée » à vivre ce genre de choses, je suis légèrement sur les nerfs… |
|
Samedi 19 septembre 2008
Une fois par mois, Radio Kledu organise « le club de la presse ». Un sujet d’actualité y est abordé devant des journalistes de différents médias qui peuvent poser des questions à des spécialistes. Le tout est diffusé en direct à l’antenne.
Au programme ce samedi : le système éducatif malien. Réalité et perspectives.
Pendant près de 2h30, membres d’un forum sur l’éducation, de commissions, d’associations, anciens ministres, mère de famille prennent un à un la parole. La plupart déplorent l’état du système scolaire et appellent au changement mais peu de solutions concrètes se dessinent.
Le soir, je sors avec ma collègue Aïchata au « no stress », une immense discothèque qui vient de voir le jour dans la capitale. Mais c’est encore carême et la piste est désespérement vide. Après quelques pas de danse, nous nous promettons de revenir tester le lieu une fois le ramadan terminé. |
|
Dimanche 20 septembre 2008
C’est la journée internationale de la paix. A cette occasion, les anciens combattants organisent une marche dans le centre de Bamako.
Je couvre l’événement pour la radio. Avec une bonne heure de retard sur le planning, le cortège constitué de militaires, de veuves ou encore de jeunes se met en route entraîné par la fanfare.
Remise de distinction, discours de ministre, de petit-fils de soldat, tout est dans la boîte. Rien ne sera cependant diffusé avant le mardi car lundi c’est la fête de l’indépendance et la radio a prévu un programme spécial. La marche pour la paix attendra. |
|
Lundi 21 septembre 2008
Je prends la route pour Sikasso au sud-est du pays avec la coopération suisse. La région, qui partage ses frontières avec le Burkina Faso, la Guinée et la Côte d’Ivoire, est le principal grenier du pays et la Direction du développement et de la coopération (DDC) y a développé la plupart de ses projets.
Nous arrivons sur place vers midi. Je passe le reste de la journée à visiter un peu la ville et dormir…et oui, la journée est fériée. |
|
Mardi 22 septembre 2008
La journée est chargée et le mercure a pris l’ascenseur.
Mohammed, en charge du secteur « éducation » pour la DDC dans la région de Sikasso, me fait tout d’abord visiter un centre de soins dont la construction a essentiellement été financée par la coopération suisse.
L’équipement est sommaire, les lits n’ont même pas de draps et je frisonne à la vue de la salle d’accouchement.
Après cela, nous nous rendons au centre Kenoudougou de solidarité qui vient en aide aux personnes infectées et affectées par le VIH.
L’institution fournit toute une palette de services : conseils, tests rapides, pharmacie, soins ou encore visite à domicile.
Dans la cour, ils sont vingt peut-être plus à patiemment à attendre, un numéro à la main, pour pouvoir bénéficier d’une ou plusieurs de ces prestations.
Le directeur ad interim du centre m’explique que dans la matinée il a fait pas moins d’une trentaine de consultations et que l’après-midi s’annonce particulièrement chargée.
La visite est vraiment intéressante, l’endroit me semble très bien organisé, le personnel disponible. J’en ressors très partagée : un mélange de tristesse devant l’ampleur de la tâche mais aussi d’optimisme devant la volonté de ces personnes.

Ces visites terminées, nous partons avec Mohammed visiter la grotte mystérieuse de Missirokoro à une douzaine de kilomètres de Sikasso. Après avoir fait un vœu et promis un sacrifice s’il se réalisait, nous visitons la mosquée qui se trouve sous la roche puis nous nous lançons dans l’ascension de la falaise.
Une fois au sommet, la vue est imprenable. Des arbres, des cultures et des roches s’étendent devant nous. Après le bruit et la poussière de Bamako, le calme qui règne dans la région passe particulièrement bien. |
|
Mercredi 24 septembre 2008
Le programme de ce mercredi est axé sur l’éducation. Nous visitons l’ONG Gradecom à l’origine notamment du projet « passerelle ». Son objectif : (ré)intégrer des jeunes non-scolarisés ou déscolarisés dans le système éducatif malien.
Suite à recensement dans une centaine de villages de la région, GRADECOM a en effet réalisé que plus de 50% des enfants âgés de 8 à 12 ans, soit 3600 jeunes, n’allaient pas à l’école.
Ces chiffres l’ont incité à mener une expérience pilote. Dès octobre et pendant huit mois, ces jeunes suivront un enseignement intensif, une sorte de « rattrapage » , d’abord dans leur langue maternelle puis en français. Au terme de ce cursus mêlant de nombreuses matières, ils passeront un examen et en fonction du niveau qu’ils auront atteint, seront intégrés à une classe « ordinaire ».
L’association se charge en outre de former les enseignants qui s’occuperont de ces enfants. Le responsable de l’association m’explique que l’expérience a déjà été menée en Côte d’Ivoire où elle a été couronnée de succès.
Dans l’après-midi, nous allons visiter la coopérative sikassoise pour la promotion du matériel didactique (CSPMD). Cette dernière a créé la « malle pédagogique» qui comprend 24 outils conçus pour aider les maîtres à enseigner de manière interactive. Tous ces outils (des cartes du Mali, un pluviomètre, un tableau de calcul, etc) sont fabriqués par des artisans de la région et dans la mesure du possible avec des produits locaux. |
|
Lundi 29 septembre 2008
Je suis de retour depuis déjà trois jours à Bamako. Durant le week-end, je me suis rendue sur la colline de Koulouba d’où l’on a une vue panoramique de Bamako et dans la soirée, j’ai assisté au concert de Grand corps malade avec mon collègue Kane. Le slammeur français se produisait pour la première fois en Afrique et le succès était au rendez-vous. En quelques jours ; tous les billets étaient vendus et de nombreux fans sont restés devant la porte.
Tout au long de la semaine, la radio va diffuser les sons que j’ai ramené de Sikasso mais le sujet qui occupe ces jours tous les esprits, c’est la fin du ramadan.
La grosse fête aura lieu mardi ou mercredi, cela dépendra de la lune. Toute la rédaction est en effervescence, chacun file au marché se procurer de la nourriture, se faire tresser ou passe chez le tailleur chercher sa belle et onéreuse tenue colorée et amidonée, le bazin.
Si toute l’équipe se réjouit, tous se plaignent également du coût de la vie. Avec leurs salaires, les Maliens ont déjà de la peine à joindre les deux bouts alors là…
Dans la soirée, l’annonce officielle tombe. Le ramadan est terminé, la fête peut battre son plein. Après un mois de restrictions, et disons-le de frustrations, les gens se lâchent. Ils dansent, chantent, boivent bref retrouvent presque par miracle, toute leur énergie. |
|
Mardi 30 septembre 2008
Plusieurs personnes ont la gentillesse de m’inviter dans leur famille pour passer cette journée de fête. Finalement, je me rends chez la sœur de Flaké. Leur « grande famille » vit à Ségou mais manque de moyens, ils ne peuvent aller la voir cette année et tous deux restent à Bamako où ils invitent quelques amis.
A peine arrivés, nous commençons à boire et manger. Le tout suivi d’un petit somme puis on remet ça.
Le repas est succulent.
Dans la soirée, nous nous rendons au stade municipal Modibo Keita le père de l’indépendance malienne. Plusieurs artistes doivent s’y produire dès 18h00. Nous prenons notre temps et arrivons à 19h00…quel optimisme, le premier concert débute peu avant 22h00… |
|
Dimanche 5 octobre 2008
Au programme de ce dimanche : les cascades de Koliko dans les environs de Bamako. Dès que nous sortons de la capitale, la route est mauvaise, pleine de trous et de flaques d’eau. Pas évident en mobylette. Il nous est même impossible d’accéder directement sur le site car une rivière traverse carrément la chaussée. Un livreur de pains s’entête et décide de franchir le cours d’eau avec sa moto. Il calera trois fois avant d’y arriver. Nous préferons retirer nos chaussures, retrousser nos pantalons et nous lancer.

Mais tout cela en valait la peine. Au milieu des champs, j’entends puis j’aperçois des trombes d’eau dévaler la roche. Le spectacle est magnifique et reposant. |
|
Mercredi 8 octobre 2008
Lundi et mardi, je suis chargée des flash infos de l’après-midi.
En de journée mardi, je pars en compagnie d’Aïshata au grand marché pour m’acheter des tissus afin de me faire coudre des vêtements.
Le mercredi, nous entreprenons une petite escapade en mobylette d’une journée dans les monts mandingue à Siby à 45 km de Bamako avec trois amis. Nous arrivons sur place dans le milieu de la matinée de la poussière plein les yeux et plein les poumons. Après une marche de 5-6 kilomètres et une petite ascension, nous arrivons sur l’arche de Kamadjan. Le guide nous explique que Kamadjan était le nom d’un guerrier de Soudjata Keïta, le premier roi du Mali. Afin de démontrer sa puissance, il aurait notamment percé la falaise avec une flèche.

Après une petite pause sur le plateau, nous descendons visiter une grotte dans laquelle les habitants de la région font des sacrifices puis entamons le chemin de retour jusqu’au campement. J’en profite pour faire quelques sons pour la radion sur le développement du tourisme dans la région ainsi que sur la saison des pluies.
Dans l’après-midi, nous allons nous rafraîchir sous une cascade avant de nous remettre en selle, direction Bamako |
 |
Vendredi 10 octobre 2008
J’ai rendez-vous dans la matinée avec un responsable d’Intercooperation afin de l’interviewer. La semaine qui suit, la fondation organise un atelier sur la gestion des ressources naturelles dans le contexte de décentralisation au Sahel. Des représentants du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Suisse et des Etats-Unis seront présents.
L’interview sera diffusée dès le lundi sur les ondes de Kledu afin d’annoncer le commencement de cette rencontre. Je me rends ensuite au Bureau de la coopération suisse car je n’ai toujours pas rencontré sa nouvelle directrice, Mme Federspiel. Nous faisons brièvement connaissance puis je reprends le chemin de la radio pour monter mes sons et présenter les flashs.
A la séance, Backsi nous apprend que désormais la radio diffusera également des flashs d’information et des journaux le week-end. La rédaction ne semble pas très enthousiaste et je n’échappe pas à ce premier week-end. Je dois être là dimanche pour 9h00, je présenterai les flashs de la matinée puis le journal de 13h00, ce que je n’ai encore jamais fait. |
|
Dimanche 12 octobre 2008
10h00 : je présente le flash et ainsi de suite jusqu’à 12h00. Il n’y a pas grand monde dans la rédaction à part un autre stagiaire et Backsi. Aucun journaliste n’a amené de nouveau son pour l’édition du journal de 13h00 et je me demande bien ce que je vais pouvoir me mettre sous la dent.
Je m’attelle tant bien que mal à préparer mon journal que je boucle 10 min avant l’échéance. Alors que je me mets à le relire, Bacski me tend sa version du journal que je vais devoir présenter….j’ai à peine le temps de la parcourir une fois, l’actualiser que je me trouve déjà devant le micro en train de revenir avec autant de conviction que possible sur le match de football de la veille qui a opposé le Mali au Tchad…(Les aigles du Mali ont gagné 2 à 1 et remporté leur ticket pour la CAN)
Je ne fais aucune grosse boulette et une fois sortie du studio, j’ai droit aux félicitations de Backsi et je me dis que finalement, j’ai bien aimé cette petite poussée d’adrénaline. |
|
Mardi 14 octobre 2008
Dans le cadre de son atelier sur la gestion des ressources naturelles, Intercooperation organise deux visites sur le terrain. L’idée est que les participants observent et pourquoi pas s’inspirent de certains projets réalisés au Mali.
Nous nous rendons à Siby où une convention locale a été signée entre les autorités et les habitants de la région afin de préserver et de mieux gérer les ressources locales. Une ONG locale encadre le projet en expliquant notamment à la population que certains arbres ne doivent pas être coupés ou du moins pas à certaines périodes de l’année.
Dans le village, les femmes se sont par ailleurs réunies au sein d’une coopérative afin de tirer un meilleur profit des noix de karité, présentes en grand nombre dans la région. Elles ont fait construire « la maison du karité », un lieu dans lesquel elles stockent les noix, en font du savon, des soins capillaires ou de la crème pour le corps puis les vendent.
Nous visitons les bâtiments, faisons quelques achats avant de reprendre la route pour Bamako.
Jeudi 16 octobre 2008
Avec Lassi, nous reprenons le chemin de l’atelier d’Intercooperation pour faire des interviews de participants et organisateurs à quelques heures de sa clôture. Lassi n’a pas sa clé qui permet d’enregistrer les sons et manque de chance, mon dictaphone n’a plus de piles... nous filons en mobylette au supermarché et trouvons avec soulagement ce que nous cherchons.
Une fois les entretiens menés, nous retournons à la radio où nous nous chargeons du montage et des flashs. Je suis impressionnée par le dynamisme de l’équipe, qui participe, cause, propose… leur énergie est sans commune mesure avec la torpeur qui régnait dans la rédaction pendant le ramadan, ce qui en soit n’est pas très étonnant… |
|
Samedi 18 octobre 2008
En compagnie de mes parents, qui ont le déplacement depuis le Burkina Faso, je vais visiter le musée national à Bamako. L’hivernage touche à sa fin et il fait de plus en plus chaud. C’est donc avec plaisir que nous traînons dans ce très beau musée climatisé.
Nous prenons ensuite le chemin de la colline de la Koulouba puis nous nous installons sous un arbre et contemplons Bamako d’en-haut. La circulation qui règne dans cette ville et le bruit sont quand même hallucinants.. |
|
Samedi 18 octobre 2008
En compagnie de mes parents, qui ont le déplacement depuis le Burkina Faso, je vais visiter le musée national à Bamako. L’hivernage touche à sa fin et il fait de plus en plus chaud. C’est donc avec plaisir que nous traînons dans ce très beau musée climatisé.
Nous prenons ensuite le chemin de la colline de la Koulouba puis nous nous installons sous un arbre et contemplons Bamako d’en-haut. La circulation qui règne dans cette ville et le bruit sont quand même hallucinants.. |
|
Mardi 21 octobre 2008
Ce mois d’octobre, comme depuis plus de 10 ans, est dédié à la solidarité au Mali. Dans le cadre de cette action, les autorités organisent presque tous les deux jours des conférences de presse. Aujourd’hui, nous avons reçu une invitation pour 15h00 au siège d’une association qui cherche à (ré)intégrer les personnes sur le marché du travail. Lorsque j’arrive sur place, on m’informe que finalement la conférence a été déplacée en centre ville…ça, par contre, ça ne me manquera pas…
Une personne a la gentillesse de m’amener sur place où nous avons tout d’abord droit à un concert. S’ensuivent les discours de la marraine de la manifestation , du représentant de Handicap International au Mali, du ministre en charge de la solidarité. Différentes personnalités remettent encore des dons à des personnes handicapées ou des associations : tricycles à moteur, médicaments, lait en poudre ou encore chèque.
J’arrive trop tard à la radio pour remettre un son pour le journal de 17h00, il sera donc diffusé dans les éditions du lendemain. |
|
Jeudi 23 octobre 2008
Voilà venue l’heure de ma toute dernière journée à la radio. J’ai demandé à Célia de préparer quelques jus de baobab, bissap et autre et j’apporte des petites choses à grignoter.
Nous passons l’après-midi à discuter entre deux flash radio, à s’échanger nos adresses amil et à faire quelques photos-souvenir. Il est 16h00, l’heure de mon dernier passage sur les ondes de Kledu.

Voilà, c’est fait, fini, terminé. Je dois décoller au milieu de la nuit. Je passe mes dernières heures à Bamako en compagnie d’Aïshata, Flaké et Momo qui vont terriblement me manquer.
A bientôt j’espère. |
|
|
|
MAZ - aktuell
|